Cessez d’être gentil, soyez vrai ! – Thomas D’Ansembourg

Nous portons tous un masque. Une gentillesse de façade. Pour ne pas avoir d’ennui, pour être aimé, pour faire plaisir, pour être socialement admis,… Mais nous nous oublions nous-même en cours de route, et nous finissons par avoir l’impression de vivre la vie de quelqu’un d’autre.
Thomas D’Ansembourg nous propose avec ce livre de reprendre possession de nous même et de vivre enfin la vie que l’on souhaite, de s’épanouir, sans crainte du jugement d’autrui.

Titre : Cessez d’être gentil, soyez vrai !
Auteur : Thomas D’Ansembourg

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Le livre et son auteur.

Spécialiste de la communication non-violente, Thomas d’Ansembourg affirme dans Cessez d’être gentil, soyez vrai que l’épanouissement individuel dépend de la capacité à s’affirmer. Dans ce titre un peu provoquant il faut évidemment voir une attaque contre la gentillesse feinte, la gentillesse sociale, et non pas contre la bonté généreuse et désintéressée.

Ne plus dire « merci pour cette soirée, c’était super sympa ! » alors qu’on pense « je ne remettrai plus jamais les pieds chez ces idiots », ou « oui, merci tout va bien », alors qu’on pense « non, je m’ennuie au boulot, j’ai un découvert à la banque et ma belle mère me harcèle »…
Cela veut-il dire qu’il ne faut plus rien filtrer et exprimer ses pensées sans pudeur, quitte à choquer ou à se fâcher avec tout le monde ? Bien sûr que non. Ce livre nous apprend comment, grâce à la méthode OSBD (Observation, Sentiment, Besoin, Demande), être vrai est possible et est au contraire un gage de paix sociale avec son entourage et de respect mutuel. Et surtout comment le fait de tomber le masque est libérateur et permet de s’épanouir et de vivre enfin la vie que l’on souhaite.

L’auteur

Thomas d'AnsembourgNé en 1957 à Uccle en Belgique, avocat de formation, Thomas d’Ansembourg a été juriste pendant de nombreuses années dans une entreprise internationale. Il dira lui-même qu’à cette époque il était un juriste qui s’emmerde, un célibataire coincé et quelqu’un qui avait l’impression de vivre la vie d’un autre. Parallèlement à son métier, et cherchant à donner un sens à sa vie, il s’engage comme bénévole au sein d’une association qui aide les jeunes en situation de délinquance et dont la vie n’est que violence, prostitution, et addictions diverses. Déjà à cette époque il se rend vite compte que la violence n’est pas notre nature. Elle est le résultat d’un manque de conscience de nos émotions et de vocabulaire pour exprimer émotions et besoins. Il souhaite étudier en profondeur ce manque de conscience et entreprend une psychanalyse pour lui-même afin d’en découvrir les mécanismes. Il décide ensuite de devenir psychothérapeute. C’est alors qu’il se forme à la communication non-violente (CNV) avec le fondateur de cette méthode, Marshall Rosenberg. Devenu formateur en 1994, il enseigne la CNV à travers le monde, a écrit et collaboré à de nombreux livres et collabore avec des médecins et psychanalystes francophones. Depuis 2004 il développe sa théorie de l’intériorité citoyenne (aller vers les autres pour se réaliser soi-même). Selon lui, ce que l’on nomme aujourd’hui le développement personnel est un enjeu de santé publique et la clé pour un développement social durable et pacifié. Depuis 2016 il étudie les problématiques de violence idéologique et de terrorisme, et affirme dans un livre co-écrit avec David Van Reybrouck que la paix c’est comme le vélo, ça s’apprend !

Le contenu du livre « cessez d’être gentil, soyez vrai ! »

Comment se fait-il que nous soyons aussi peu habiles pour exprimer nos sentiments ? et sans doute encore moins pour écouter ceux des autres ? Pourquoi nous faisons-nous autant de soucis sur la façon dont seront perçus nos actions ? Comment se fait-il que nous vivions une vie qui ne soit pas toujours en adéquation avec ce que l’on souhaite, jusqu’à, pour certains, avoir l’impression de vivre la vie d’un(e) autre ?

Tout commence par l’éducation et la petite enfance.
Bien qu’étant avocat de formation Thomas d’Ansembourg ne souhaite pas faire un procès au parents. Il s’agit bien sûr de comprendre les mécanismes qui font que beaucoup d’entre nous se sentent coincés dans leur vie, portant un masque ou une carapace. Si vous êtes vous mêmes parents, vous comprenez comme il est difficile d’éduquer ses enfants. On cherche toujours à être les meilleurs parents du monde, et faisons tout notre possible pour que nos enfants s’épanouissent et soient suffisamment armés pour affronter la vie.

Ne blâmons donc pas nos propres parents. Les meilleurs parents du monde sont ceux qui aiment leurs enfants, tout simplement. Pour des parents aimants il n’y a pas d’erreurs possible. Il peut simplement arriver que nous ne leur donnions pas tout à fait les bons d’outils, en pensant bien faire. Ce qui parfois peut avoir des conséquences plus ou moins lourdes sur leur vie sociale future.

Qui n’a pas entendu dans son enfance des phrases du genre « tu serais gentil de m’aider à mettre le couvert, tu serais gentil de ranger ta chambre », ou encore « avec tout ce que l’on fait pour toi, tu pourrais faire un peu plus d’efforts à l’école. »
Rien de bien méchant en somme. Sauf que l’enfant, dans les mots « tu serais gentil de… » entend en fait « je t’aime si… ». Et l’amour que ses parents lui donnent devient donc, dans son esprit, conditionnel.

En conséquence, une fois adulte, nous pensons que nous sommes aimé pour ce que l’on fait et non pour ce que l’on est. Nous imprimons notre subconscient avec le fait qu’il est possible d’acheter de l’amour par un comportement adéquat. Faire plaisir, pour être aimé en retour.
Il en découle aussi que dans l’autre sens, on attend également des gens que l’on aime qu’ils aient un minimum de reconnaissance et de gratitude. Nous conditionnons également notre amour à ce que les autres font pour nous.

Nous avons appris à Faire plutôt qu’à Être.
Encore une fois, nous faisons souvent cela avec les meilleures intentions du monde. Car n’oublions pas qu’il s’agit toujours d’amour. Mais nous dirigeons mal cet amour et le donnons parfois de manière contre-productive.
D’Ansembourg donne l’exemple d’un adolescent qui viendrait voir son père pour lui exposer un problème. Le père semble écouter et, se sentant très impliqué (et fier que son ado lui parle), l’interrompt au bout de 5mn, attrape son téléphone en disant « je connais untel, c’est quelqu’un de super, qui pourra surement t’aider. » Voilà, dans son esprit le père a « fait son job » et a répondu à une attente de son enfant. Et il souhaite sincèrement que son fils ou sa fille s’en sorte. Cependant, tout ce que souhaitait l’enfant en question c’est que son père l’écoute. Sans forcément attendre de solution. Juste une oreille bienveillante, celle de quelqu’un qui l’aime. Le père a pensé que son enfant l’aimerai encore plus si il faisait quelque chose pour lui. Il n’a pas pensé à tout simplement être là, et écouter. A être cette source d’amour inconditionnel indispensable.
Ecouter, est sans doute bien plus important que répondre.

parenting

Nous faisons dépendre notre estime de soi du regard des autres et non de soi-même.
Nous tentons constamment de nous adapter à ce que les autres pensent de nous, à leurs attentes. Nous voulons être aimé et pensons donc qu’il nous faut satisfaire et correspondre à ce que les autres pensent de nous. Chercher à plaire est pourtant une grosse dépense d’énergie et une source de mal être.

On reconnait les gens qui ont une estime de soi défaillante :

  • si ils sont envahissant et prennent toute la place,
  • si au contraire, ce sont de grand timides, qui s’enferment dans leur grotte pour éviter le regard des autres,
  • si ils se vantent beaucoup,
  • si ils se plaignent constamment, etc…

C’est fatiguant pour soi et pour son entourage de se comporter ainsi. Il y a un déséquilibre. L’estime de soi n’est pas l’amour de son propre ego. C’est se connaitre, s’écouter, s’estimer à sa juste valeur sans se comparer, et s’améliorer. C’est un chemin, pas une valeur finie.
Cessez d’être gentil explique les choses à faire et à ne pas faire pour prendre ce chemin.

La peur d’être différent.
Nous avons généralement un seuil de tolérance de la différence assez bas. Même avec les gens que l’on aime, nos amis ou nos collègues. Nous voulons inconsciemment que tous correspondent à la vision du monde que l’on se fait. Et nous avons nous même du mal à nous autoriser à être différent. « Si je suis différent, on ne m’aimera pas. » Le livre expose les causes de cette situation et ses effets, qu’il serait trop long ici de présenter. En gros, nous avons appris qu’il n’était pas toujours bien toléré (par la famille, l’école,…) d’être trop ceci ou pas assez cela dans notre enfance. Plutôt que de nous encourager à cultiver notre différence, c’est à dire notre personnalité, on nous a bridé, souvent bien sûr avec les meilleures intentions du monde.
Nous avons alors encodé cette pensée simpliste : S’oublier soi-même est une garantie d’intégration. Nous confondons désaccord et désamour. Et nous finissons par croire qu’il faut forcément être d’accord sur tout et se ressembler pour cohabiter avec les autres, y compris au sein du couple. Or un couple c’est deux individus. Pas un seul organisme fusionnel. Du coup nous évitons les conflits, et ceux-ci finissent par pourrir jusqu’au jour où ils explosent.

L’auteur avoue que les rapports vrais ne sont ni faciles ni confortables, mais ils sont indispensables. Dire à celui ou celle qui partage sa vie « je me sens triste, je suis préoccupé par ceci ou cela. Ce serait bien de prendre un moment pour en parler tous les deux, parce que j’ai confiance en toi. » nous conduit tout d’un coup dans la justesse, et plus dans la mascarade. Parler vrai fini par être sécurisant et construit une confiance et un amour beaucoup plus solide qu’une relation basée sur le non-dit, l’entente cordiale ou le gentlemen agreement.

Les clés principales pour désamorcer les conflits (voire les éviter) sont une juste estime de soi et le respect de l’autre dans son originalité, dans sa personnalité.
La véritable contribution que nous pouvons apporter au monde est d’être soi-même.

La difficulté de dire non.
Nous pensons souvent que dire non c’est dire « je ne t’aime pas. » Dire oui c’est un peu acheter de l’amour, faire plaisir. Sauf qu’à force de ne plus poser de frontières, ou de les laisser lâches et poreuses, on finit par se sentir envahi, voire violé. Et là encore, ça fini par exploser.
Thomas d’Ansembourg nous apprend dans ce livre à décoder la demande de l’autre et pourquoi dire non, peut vouloir dire oui à autre chose. Que ce soit au travail, en famille ou en couple. On peut tout à fait dire non en étant constructif. le non n’est pas forcément une porte qui se ferme. Mais il signifie l’affirmation que l’on est vivant et pas juste une machine à tout accepter. Or le vivant accueille le vivant. Le non n’est pas synonyme de non-amour, tout comme le oui n’est pas forcément synonyme d’amour.

Comprendre ses émotions et les accueillir.
Est-ce que je m’autorise à être triste ? Est-ce que je l’exprime ? Est-ce que je suis vraiment plus à l’aise si j’enfoui ma colère ?
Les émotions nous renseignent sur nous même. Les comprendre, les reconnaitre et surtout les exprimer est source de changement et nous fait grandir. Ne pas exprimer ses émotions c’est se soumettre à elles et aux autres. Les exprimer c’est lâcher prise, coopérer et diriger son énergie dans le bon sens. Car l’énergie créée par la colère peut être transformer en énergie créatrice. L’énergie est une chose qui ne disparait jamais. Elle se transforme.

Thomas d’Ansembourg explique en revanche qu’exprimer ses émotions ne suffit pas. Il faut le faire de façon claire pour que cela soit constructif. « Il faut qu’on se parle » sera plus angoissant que « j’ai besoin de 10mn pour te parler avant le diner. »

Et avec les autres?
Après nous avoir enseigné comment bien s’écouter soi-même et comment affirmer sa personnalité, Thomas d’Ansembourg revient sur le fait qu’il faut aussi savoir écouter les autres pour vivre en harmonie. Comment communiquer, discuter, faire part de ses arguments mais aussi écouter ceux de l’autre, etc…
Cessez d’être gentil, soyez vrai est une véritable bible du vivre ensemble. Si le titre peut prêter à confusion par son second degré, le livre explique clairement qu’il s’agit d’éliminer de nos vies non pas la générosité, le don, la bonté, mais bien la gentillesse « pour faire plaisir et se faire aimer. » Nous n’avons pas besoin de ça pour exister, se faire respecter et être aimé. L’enjeu est d’apprendre à donner sans rien attendre, et désapprendre à être gentil pour acheter de l’amour ou de la reconnaissance. Faire respecter ses frontières sans prendre le pouvoir, cohabiter avec nos talents, nos forces mais aussi nos faiblesses respectives. C’est tout le propos de la communication non-violente.

Si il est facile de dire qu’il suffit d’être soi-même, il est plus compliqué de le vivre au quotidien dans une société codifiée comme la notre. Ce livre nous apporte des pistes claires, des exemples, des études de cas et des exercices concrets pour se lancer dans la reconquête de soi. Alors, bas les masques !

Avis des lecteurs

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En bref : Les plus et les moins

les plus

  • Fait prendre conscience de tout l’enjeu et de l’importance d’être vrai
  • Une aide précieuse pour s’accepter tel que l’on est et s’épanouir, avec des idées, des études de cas et des techniques à mettre en pratique.
  • Un guide complet pour vivre en harmonie avec soi-même et avec son entourage.
  • Le ton est réconfortant, encourageant, jamais culpabilisant, très professionnel. Un véritable psychothérapeute personnel sur sa table de chevet !

Les moins

  • La version illustrée est drôle et permet de saisir les concepts de façon ludique mais va beaucoup moins en profondeur. A conseiller plutôt à des jeunes.
  • La version Kindle n’existe qu’en anglais (alors que l’auteur est francophone.)

Quel format ?

N’existe pas encore au format poche.
L’édition classique brochée est livrée avec le DVD d’une conférence de l’auteur : Être heureux n’est pas nécessairement confortable. (édition limitée).
Il existe une autre édition papier plus récente, raccourcie mais illustrée de dessins humoristiques (d’après les commentaires des lecteurs, elle est beaucoup moins bien que la version classique.)
La version audio dure 1h20.
Il existe une version numérique du livre originale au format iBook (pour appareils Apple). La version numérique Kindle est en anglais uniquement.

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Du même auteur

Du Je au Nous – L’intériorité citoyenne : le meilleur de soi au service de tous.

Être heureux ce n’est pas nécessairement confortable – Trouver le bonheur et non ce que l’on croit être le bonheur. (existe aussi en Poche et en Illustré).

La paix ça s’apprend : guérir de la violence et du terrorisme (co-écrit avec David Van Reybrouck)

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